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Carolyn Carlson

par Yves Bourgade

Le Festival June Events et un essai biographique

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Infatigable Carolyn Carlson : à 75 ans elle est encore sur la brèche, débordante de projets et de curiosité, toujours passionnante à suivre. En témoignent cette fin de printemps 2015, la 9ème édition du festival qu’elle a fondé en 2004 et qui bat son plein à la Cartoucherie de Vincennes à Paris, June Events, dans le sillage de son Atelier de Paris et l’annonce pour la rentrée de septembre 2015 de la parution, chez Actes Sud, d’un « essai biographique et thématique » de Thierry Delcourt sur la chorégraphe, danseuse, calligraphe, poète et pédagogue américaine.

L’Atelier de Paris a été créé en 1999 par Carolyn Carlson en complicité dès le début avec le Théâtre de l’Aquarium, un des lieux de spectacle de la Cartoucherie de Vincennes. L’institution (qui a multiplié les partenariats et dont la directrice générale est maintenant Anne Sauvage) est à la fois dédiée à l’accueil de jeunes compagnies, à la diffusion, à la création et à l’enseignement de la danse tels que les conçoit Carolyn Carlson, ce qui lui a valu le statut de CDC (Centre de diffusion chorégraphique). L’Atelier de Paris a désormais sa mission facilitée par la reprise depuis peu du Théâtre du Chaudron (autre lieu de spectacle de la Cartoucherie), ce qui lui permet d’ « accompagner » des projets artistiques tout au long de l’année.

La diffusion, il en est question à June Events qui devait s’ouvrir le 6 juin dans différents espaces publics, places et jardins du XIIème arrondissement de Paris et à Vincennes, sur un pas de deux d’un danseur Vincent Warin et de son vélo, L’Homme V, avec accompagnement musical au violoncelle de William Schotte. Vincent Warin qui a d’abord été vice-champion du monde BMX free style, est désormais à la fois danseur, acrobate et performer. Il est arrivé à un point de maîtrise de sa « mécanique » qui lui permet de jouer de déséquilibres et d’instants en suspens.

L’édition 2015 de June Events comprend la participation - à quelques 30 représentations jusqu’au 20 juin - de 16 compagnies françaises et étrangères, notamment du Québec, comprenant quelques talents émergents. Elle insiste beaucoup sur la « musicalité » des corps », née de l’attention apportée par les créateurs à la relation entre la danse et la musique : ainsi chez Manuel Roque qui s’appuie pour Data sur le Requiem de Fauré, Daniel Linehan sur le Sacre du Printemps de Stravinsky, ainsi que Mié Coquempot et Jérome Andrieu en lien avec la musique électronique de Pierre Henry pour Rythm . Alban Richard quant à lui immerge le spectateur dans un dispositif chorégraphique et acoustique pour Dawnlight /Night : Light . Sylvain Prunenec a choisi pour sa part de s’appuyer sur la musicalité de la voix des danseurs lisant les extraits d’un roman pour sa création Vos jours et vos heures .

Au terme de sa résidence de trois ans à l’Atelier de Paris avec sa compagnie Man Drake, le catalan Tomeo Vergès devait présenter sa trilogie Incisions s’appuyant sur la décomposition du mouvement telle qu’il la trouve notamment dans le cinéma expérimental de Martin Arnold .

On se ressourcera dans l’art de Carolyn Carlson, dans sa poétique de l’espace, en JPEGassistant, le 18 juin, à la transmission par la danseuse-chorégraphe américaine à la danseuse Isida Micani de la chorégraphie de son fameux solo Densité 21,5 sur la musique pour flûte solo en platine d’Edgar Varèse. Cette pièce marqua en 1973 les débuts à l’Opéra de Paris de Carolyn Carlson : elle révéla une danse fluide, aérienne. Il a été dit alors qu’elle ne dansait pas la légèreté que lui inspirait la musique, mais qu’elle était la légèreté, magie qui opérait même quand la danseuse reprenait ce solo dans le silence. Est prévue aussi une création d’un nouveau solo de Carolyn Carlson pour le danseur coréen Won Myeong Won.

A la rentrée, grâce à l’essai Carolyn Carlson, de l’intime à l’universel, il sera loisible à travers les thèmes traités (œuvre et processus de création comprenant les sources d’inspiration, vie et environnement) de cerner les lignes de force de ses productions au long de cinquante années de création et d’activités ininterrompues, envisagées chronologiquement, depuis la rencontre avec Alwin Nikolais à la direction artistique du Centre chorégraphique national de Roubaix-Nord-Pas-de-Calais. L’auteur Thierry Delcourt s’est aussi entretenu pour nourrir son propos avec les divers collaborateurs présents et passés de Carolyn Carlson (directeurs, producteurs et administrateurs qui l’ont côtoyée).

June Events jusqu’au 20 juin 2015, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, 75012-Paris - Contact 01 417 417 07.

- « Carolyn Carlson, de l’intime à l’universel » de Thierry Delcourt, 336 pages, Actes Sud, 25 euros, parution en septembre2015.

Photos : Daniel Linehan-Un sacre du Printemps ©Bart Grietens
Carolyn Carlson ©Patrick Bergers

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