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Critiques / Danse

Blake Works à l’Opéra de Paris

par Yves Bourgade

Un nouveau succès de William Forsythe

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Sans avoir trop peur de se tromper, on peut assurer à Blake Works I, longue vie ! Cette nouvelle création de 25 minutes de l’Américain William Forsythe pour le Ballet de l’Opéra de Paris a rencontré un vrai succès auprès du public, dès les premières représentations.
Les applaudissements sont spontanés. Ils interrompent fréquemment le déroulement du spectacle, tout comme pour un ballet du répertoire. Les danseurs (ils sont une quinzaine) sont rayonnants, visiblement heureux d’une danse virtuose qui met à profit leur maîtrise du vocabulaire de la danse classique, tout en leur réclamant autre chose, parfois des ruptures, des déséquilibres. Pour le chorégraphe « le vocabulaire ne sera jamais vieux, c’est l’écriture qui date ».
Sans doute, la musique du Britannique James Blake (né en 1989), sept chansons tirées de son album The colour in anything , contribue à ce succès. Les influences pop, soul et du dubstep, une voix souvent voilée, colorent notamment l’univers musical électro minimaliste de ce musicien, à la fois rythmé et mélancolique.


Le contraste est total avec la musique répétitive et minimaliste, ponctuée de bruits concrets, du compositeur néerlandais Thom Willems qui a signé les musiques des deux autres chorégraphies de Forsythe (le duo Of Any If And de 1996, qui entre au répertoire et Approximate Sonata de 1995, repris dans une nouvelle version) inscrites au même programme que Blake Works I. L’extrême tension des corps, la vitesse d’exécution, le sentiment d’urgence, l’impression d’attente, peut-être s’imposent moins comme de la nouveauté, question d’habitude pour le spectateur de Forsythe depuis une de ses premières et formidables collaborations avec l’Opéra de Paris, In the Middle, Somewhat Elevated en 1987.
Les principaux interprètes de cette dernière création s’appelaient Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Manuel Legris et Laurent Hilaire. Les créateurs de Blake Works I sont à la hauteur de leurs aînés et mériteraient d’être tous cités.
C’est à Rudolf Noureev, alors directeur de la danse, que l’on doit dès 1983 le début de la première collaboration de Forsythe avec l’Opéra de Paris. Brigitte Lefèvre a suivi. Et maintenant c’est Stéphane Lissner, qui attacha Forsythe et son Ballet de Francfort un temps en résidence au Châtelet, et qui continue cette collaboration comme « patron » de l’Opéra de Paris.
On retrouvera en effet le Ballet de l’Opéra de Paris dansant du Forsythe en septembre et octobre 2016, puis en avril et mai 2017 et même l’Ecole de danse de l’Opéra abordant l’art du chorégraphe américain dans son spectacle annuel en avril 2017.

Programme Forsythe au Palais Garnier : 8, 9, 11, 12, 13, 15 et 16 juillet 2016, 19h30, durée 1h50, places de 10 à 110 €.

Photo Blake Works et Approximate Sonata ©Ann Ray

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