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Benoît Lavigne

par Gilles Costaz

Un nouveau patron pour le Lucernaire

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Jusqu’à présent, Benoît Lavigne était un metteur en scène indépendant. On lui doit beaucoup de spectacles, qui vont d’Heiner Müller à Woody Allen, de Tchekhov à Tennessee Williams. En février, il a pris la direction du Lucernaire, succédant à Philippe Person (qui se consacre à l’école d’art dramatique du Lucernaire). Quoi de neuf dans le théâtre de la rue Notre-Dame-des-Champs ? Un certain nombre de choses qui dessinent une nouvelle politique.
Avec votre arrivée, peut-on parler d’un nouveau Lucernaire ?
Benoît Lavigne : D’une certaine façon, oui. Certaines difficultés économiques mettaient le lieu en danger. Nous avons réfléchi à des changements nécessaires. Le lieu a changé. Il a été repeint, bénéficie d’une nouvelle lumière. Il a plus d’éclat. Nous avons modifié l’aspect de nos documents avec une nouvelle charte graphique. Nous avons créé une brochure qui paraît tous les deux mois et un programme pour chaque spectacle, qui est donné à tous les spectateurs. Nous avons refait le site internet, qui est plus clair et plus pratique. Nous avons légèrement réduit le nombre de spectacles, qui, chaque jour, est passé de huit à six. Cela fait gagner en lisibilité et en efficacité. On peut dire que, tous les jours, le Lucernaire donne un classique, deux contemporains, un spectacle musical et deux spectacles pour enfants.
Même les contrats signés avec les troupes ont été revus. Auparavant, les droits d’auteur étaient à la charge des compagnies. A présent, ils sont partagés par le théâtre et les compagnies. Les recettes, elles, restent partagées à cinquante pour cent. Pour résumer, on pourrait dire que le Lucernaire est un petit Rond-Point, avec restaurant, librairie et cinéma. On peut y voir des artistes connus et des artistes méconnus, dans tous les genres. Il se passe toujours quelque chose ! Nous pourrions présenter que des seuls en scène. Nous recevons tant de propositions dans ce registre-là ! Mais nous aimons les troupes. Il se trouve que, malheureusement, les propositions de pièces classiques sont moins nombreuses. Nous devons équilibrer l’offre entre les modernes et les classiques.
Et les tarifs ?
Eux n’ont pas changé. Ils restent à 26 euros pour le plein tarif, et et à 16 pour le tarif réduit. Nous avons le souci du public populaire
Le Lucernaire appartient aux éditions de L’Harmattan. Il n’y a pas eu de nouvelles participations financières ?
Non. L’Harmattan est le seul actionnaire du lieu et le fait vivre contre vents et marées.
Le Lucernaire vient de rejoindre les Théâtres parisiens associés, l’association des salles privées. Pourquoi ?
Nous avons l’image d’un théâtre subventionné, alors que nous n’avons pas de subventions ! Juste 30 000 euros de la Ville de Paris. Entrer dans l’association des théâtres privés est un choix logique qui nous fait plaisir, fait plaisir aux responsables de ce regroupement et pourra nous permettre d’avoir des aides à la production. Par ailleurs, nous sommes reliés avec le théâtre 13, l’Atelier et le Poche-Montparnasse pour une politique de tarifs préférentiels.
Découvrez-vous le Lucernaire ou l’aviez-vous déjà pratiqué ?
C’est là que j’ai commencé. J’ai joué trois ans dans ces murs ! Mes premiers spectacles, Salle n°6 de Tchekhov, La Jalousie du barbouillé de Molière, Doit-on le dire ? de Labiche, je les ai créés ici... J’y ai connu Laurent Terzieff. Nous avons beaucoup discuté, notamment sur la fracture entre théâtre public et théâtre privé, alors qu’il n’y a un théâtre. Je suis fidèle à cette idée-là, puisque nous présentons dans cette rentrée Xavier Gallais (Faim de Knut Hansum), qui est produit par le Centre dramatique d’Orléans, et Nicolas Vaude (Le Neveu de Rameau de Diderot), qui est produit par le Ranelagh.
Comme metteur en scène, allez-vous présenter un spectacle ?
Oui, en décembre, je monte Maxi Monster avec le groupe musical qui porte ce nom. C’est un cabaret très festif qui se souvient des attractions foraines comme la femme à barbe ou l’homme tronc. Cela parle de la différence. On va investir une grande partie du lieu, avec dîner, bal costumé et marché !
Aurez-vous des projets personnels hors du Lucernaire ?
Je garde cette possibilité. Je sais déjà que je monterai au Rond-Point, en juin, 2017, Visite d’un père à son fils de Jean-Louis Bourdon, qui sera joué par Olivier Marchal.
Les élèves de l’école du Lucernaire seront-ils un jour à l’affiche ?
Oui, on pourra voir des travaux d’élèves en fin de semaine.

Le Lucernaire 53 rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris, tél. : 01 45 44 57 34.

Photo DR

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