Accueil > Balthazar de Nicolas Liautard

Critiques / Théâtre

Balthazar de Nicolas Liautard

par Jean Chollet

L’âne n’est pas toujours celui qu’on croit

Partager l'article :

Sous la forme d’un conte, cette création évoque deux destins parallèles. Celui d’un jeune garçon médiocre à l’école, contraint par son instituteur de porter parfois un bonnet d’âne, et celui d’un animal bien vivant issu de cette lignée animalière à l’origine bien involontaire de ce couvre chef humiliant. L’écolier a grandi, il est devenu projectionniste dans un vieux cinéma, privé d’expression orale, utilisant ses temps libres à l’écriture d’histoires fantastiques peuplées d’animaux dans un cahier issu de son enfance. De son côté, l’âne Balthazar, choyé et adulé depuis sa naissance, a miraculeusement trouvé l’usage de la parole humaine, puis accède à la lecture, et se produit dans un cirque en ayant acquit une petite dose de philosophie. Ainsi se présente cette nouvelle création de Nicolas Liautard, à l’intention de “ toutes les générations ”, dans le prolongement d’orientation de ses adaptations et mises en scènes précédentes dans ce registre, Littlematchseller (La Petite marchande d’allumettes) et Blanche Neige sous une forme muette. Ici, les trajectoires des deux protagonistes sont évoquées pour l’un dans sa rencontre avec un ancien camarade d’école, pour l’autre par un clown partenaire de cirque, en croisant les formes théâtrales dans les interprétations des trois comédiens portant parfois des masques, avec la présence remarquée de l’âne Apollon qui confère au spectacle une vraie réalité. Mais, dans l’espace bordé de rideaux de tulle blanc, musiques, ombres et lumières, projections vidéo concourent à la rencontre de ces deux pôles en offrant une relation visuelle sensorielle, croisant les temporalités. Si certaines séquences affichent parfois une substance vaporeuse, cela n’altère pas l’adhésion des petits et grands enfants heureux d’avoir partagés une aventure hors de sentiers battus.

Balthazar, conception et scénographie Nicolas Liautard, avec Jean – Charles Delaume, Jürg Häring, Marion Suzanne et l’âne Apollon. Lumières Bruno Rudtmann, son Thomas Watteau, vidéo Michaël Dusautoy, Annabelle Brunet, masque Anne Leray. Durée 50 minutes.
Scène Watteau Nogent-sur-Marne jusqu’au 8 octobre 2016. Théâtre Paris Villette du 12 au 28 octobre, Les Salins – Martigues du 13 au 15 décembre 2016. Théâtre des Louvrais – Cergy-Pontoise du 8 au 10 janvier 2017, Théâtre d’Hérouville – Comédie de Caen du 12 au 14 janvier 2017.

photo DR

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.