Accueil > Amalia respire profondément d’Alina Nelega

Critiques / Théâtre

Amalia respire profondément d’Alina Nelega

par Gilles Costaz

Une femme roumaine

Partager l'article :

Elle peut respirer profondément, Amalia ! C’est toute l’histoire de la Roumanie qui traverse sa pensée et son cœur. Quarante ans de malheurs. D’abord la vie sous Ceaucescu, qui se fait appeler « le Conducator bien-aimé », puis les années d’après le communisme, dominées par la pauvreté et la corruption. Alina Nelega – lauréate du Prix de l’auteur européen et de la Meilleure dramaturge pour l’Union des auteurs roumains – a composé un monologue d’une forme extrêmement libre, qui alterne le récit, le pamphlet, la poésie. Son personnage, seul en scène, est une naïve en qui s’incarnent les colères et les souffrances de tout un peuple. Est-elle vraiment candide ? Elle voit clair, elle dénonce, mais tout passe par une sensiblité à fleur de peau que l’on peut prendre pour de l’innocence.

La mise en scène de Bobi Pricop, dont c’est le premier travail en France, dégage le contexte politique avec quelques sons, quelques chants de la Roumanie communiste, et entoure d’ombres l’interprète immobile dans un petit espace, comme acculée par la tragédie et par l’Histoire. C’est une mise en scène très sobre et tendue. Codrina Pricopoaia réalise un véritable exploit. Elle porte, emporte, fait vibrer ce long texte dans une émotion contenue et continue. Le spectateur ne peut se détacher d’elle tant elle trouve et renouvelle la profondeur d’un texte qui utilise plusieurs registres, en allant du symbolisme au réalisme.

Amalia respire profondément d’Alina Nelega, traduction de Mirella Patureau, mise en scène de Bobi Pricop, avec Codrina Pricopaia.
Les Déchargeurs, 19 h 30, jusqu’au 23 novembre. (Durée : 1 h 45).

photo Prisca Martaguet

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.