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Critiques / Théâtre

Abigail’s party de Mike Leigh

par Corinne Denailles

une satire sociale à faible portée

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Le cinéaste Mike Leigh est aussi auteur dramatique. Abigail’s party est une comédie typiquement anglo-saxonne qui brosse un portrait critique de la société anglaise des années 1970 tournée en ridicule avec jubilation. On se reçoit pour se jauger, se juger et se critiquer sur le seul terrain du paraître. On n’a rien à se dire, alors on fait des compliments qu’on ne pense pas, on brasse de l’air et on boit beaucoup. Dans l’arène du salon, deux couples et une voisine. Les hôtes, Beverly ( Lara Suyeux) et Peter (Dimitri Rataud), se disputent sans cesse ; Peter comme Antony (Cedric Carlier) n’existent pas, écrasés par leurs femmes qui mènent la danse sans y croire ; Berverly, hystérique, Angela (Alexie Ribes) aguicheuse et minaudière, moulée dans une combinaison pantalon en accord avec le papier-peint géométrique caca d’oie très années 70. Seul sujet de conversation, la boum organisée à côté par la fille de Susan, la voisine.

Dans un décor, marron et orange, qui accumule volontairement les clichés d’époque, les comédiens se dépensent beaucoup pour faire exister cette comédie dépourvue de véritable ressort. La mise en scène de Thierry Harcourt est redondante avec le texte et la caricature qui en résulte le dessert. A l’exception du personnage de Susan la voisine, qui tranche volontairement avec les autres protagonistes. Censée et posée, elle est l’œil extérieur qui prend la mesure de ce petit monde vain en ébullition. Séverine Vincent joue sa partition avec beaucoup de finesse et de nuances, d’émotions retenues ; elle donne à son personnage l’épaisseur qui manque aux autres. Le metteur en scène a certainement voulu jouer du contraste mais cela ne fonctionne pas car il ne parvient pas à donner une présence aux autres personnages qui en restent au stade de pantins. On s’amuse mollement du décor kitch, de la situation ridicule et de ces personnages pathétiques qui s’envoient des pics bien sentis.

Abigail’s party de Mike Leigh, adaptation Gérald Sibleyras, mise en scène Thierry Harcourt. Avec Cédric Carlier, Dimitri Rataud, Alexie Ribes, Lara Suyeux, Séverine Vincent. Costumes, Jean-Daniel Vuillermoz ; Décor, Marius Strasser, luières Jacques Rouveyrollis ; son, Camille Urvoy. Au théâtre Poche-Montparnasse à 21h. durée : 1h25. Résa : 01 45 44 50 21.
© Victor Tonelli

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