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3ème Biennale d’art flamenco au Théâtre de Chaillot à Paris

par Yves Bourgade

le "Cante jondo" et le "baile", sources d’invention inépuisable

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La garantie d’authenticité est assurée. La troisième Biennale d’art flamenco qu’affiche en novembre 2017 le Théâtre National de la Danse de Chaillot dans ses deux salles à Paris, bénéficie du soutien de tout ce qui contribue en Espagne, notamment la Biennale de flamenco de Séville, à maintenir vivante et authentique la culture des Gitans d’Andalousie.
Le spectacle d’ouverture de la manifestation D. Quixote(7-10 novembre) interroge un des mythes fondateurs de la culture espagnole (le personnage de Don Quichotte, constamment entre illusion et réalité, inventé par Cervantés) en le faisant passer au tamis d’un flamenco réinventé par le danseur et chorégraphe Andrés Marín.
Né en 1969 à Séville, ce dernier a commencé à danser professionnellement en 1992 et a fondé en 2002 sa compagnie pour laquelle il imagine des créations dansées (baile) d’un style très personnel centrées sur le chant flamenco (cante jondo).
En langue espagnole, on fait un distinguo depuis le XVIIème siècle entre « bailar » et « danzar », ce dernier verbe désignant la pratique de la danse de cour et de la danse d’école, « bailar » s’appliquant aux danses exubérantes, paysannes et théâtrales, faisant place à l’improvisation comme dans le flamenco.
Le D.Quixote d’Andrés Marín est interprété par des danseurs, dont le chorégraphe, soutenus par le chant de Rosario, La Tremendita, des percussions et un violoncelliste, Batio Barnabas.
Parmi les huit autres productions à l’affiche de cette biennale, on retrouvera la chanteuse à la voix rauque Rosario, La Tremendita qui se livre, avec la danseuse Rocío Molina, sur des musiques de Pablo Martin Caminero, à des joutes tour à tour tranchantes et fluides aboutissant à l’expression de sentiments, Afectos , comme l’annonce le titre de cette œuvre (18 novembre).
Simulacrum (7 et 8 novembre) est la rencontre entre le chorégraphe norvégien Alan Lucien Øyen et deux danseurs d’âges et de cultures différents : Shôji Kôjima émigré en 1966 de son Japon natal en Andalousie et Daniel Proietto, parti d’Argentine pour étudier au Japon, via la Norvège , le jeu de l’« onnagata » (rôle féminin) du théâtre kabuki. Le but visé par ces artistes est, au delà du flamenco et du kabuki, d’affirmer leurs désirs et de transcender leurs origines.

On reviendra à un flamenco totalement pur et raffiné avec le Tablao que proposera le danseur sévillan José Galván, 68 ans, (10-12 novembre), avec la « cantaora » (chanteuse) Mayte Martín accompagnée à la guitare par Salvador Gutiérrez dans Flamenco clásico (11 novembre) ainsi qu’avec le chanteur Jesús Méndez et la danseuse gitane Gema Moneo pour « Voz del Alba » (12 novembre).
Dans Nacida sombra (Née ombre), la danseuse Rafaela Carrasco, entourée de trois autres danseuses, toutes soutenues par des guitaristes, un flûtiste, des chanteurs, fait renaître, à travers l’expression flamenca, quatre femmes éprises de liberté du Siècle d’Or espagnol, la mystique solitaire Thérèse d’Avila, la romancière féministe avant la lettre Maria de Zayas, l’actrice sulfureuse María Calderón et l’éblouissante intellectuelle Sor Juana Inés de la Cruz (14-15 novembre).
Danseur et chorégraphe David Coria explore avec Espiral (15 et 16 novembre) toute l’histoire du flamenco, ses différents styles, du « taranto » né dans la province d’Almeria jusqu’au tango, des chants miniers au rythme des « farrucas », du « tanguillo » aux « sevillanas ». Il est accompagné par la danseuse Ana Morales, le guitariste Jesús Guerreros et les chanteurs « El Londro » et Miguel Ortega.
La Biennale s’achèvera sur une note d’humour avec Franito (18-25 novembre) : dans une cuisine andalouse on assiste au tête-à-tête désopilant entre un jeune prodige du flamenco campé par le danseur Fran Espinosa et sa mère étouffante, à la fois tendre et autoritaire, jouée par le comédien Patrice Thibaud .

Théâtre National de la Danse de Chaillot à Paris (Salle Vilar, Salle Gémier ou Grand foyer) du 7 au 25 novembre 2017 , à différentes heures, renseignements au 01 53 65 30 00 ou www.theatre-chaillot.fr, tarifs 41 ou 37 €.

Photos D.Quixote ©Benjamin Mengelle, Espiral © Leo marina

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